Basketusa.com : les systèmes pour les nuls

Gregg Popovich

Gregg Popovich

Je dois admettre que le titre n’est vraiment pas flatteur pour ce coup de projecteur sur un site pour le moins très intéressant, car au delà des news « classiques » sur le basket, et la NBA en particulier, les rédacteurs de Basketusa.com ont la particularité d’aller plus loin dans leur approche de l’information sportive grand public. Leurs fréquents articles sur les systèmes employés par les équipes du meilleur championnat du monde, sont souvent extrêmement bien travaillés et rédigés.

Alors oui, le lecteur qui ne souhaite prendre que 10-15 minutes pour s’informer sur l’actualité NBA, a plutôt intérêt à surfer directement sur le site officiel nba.com, du moment qu’il comprenne 2 ou 3 mots d’anglais, cela lui suffira. L’intérêt, donc, de revenir quotidiennement sur un « web-zine » francophone spécialisé est essentiellement basé sur l’enrichissement de l’information brute, objectif ou subjectif, avec des dossiers « focus » sur des légendes sportives ou encore des découpages techniques. Et c’est ce que fait très bien BasketUSA, en témoigne cette récente news intitulée « Coaching : quand Gregg Popovich nous en met plein les yeux ».

Il est parfois des séquences de jeu impressionnantes de maîtrise, qui semblent si facile à dérouler. Seuls les grands maîtres de l’art du coaching sont capables de nous en proposer. On le sait, on cite souvent ici Doc Rivers ou encore Phil Jackson.

Mais, s’il en est un qui mérite d’être cité parmi les meilleurs stratèges, c’est bien Gregg Popovich. Comme les deux autres, il a un effectif de grande qualité. Mais comme les deux autres, cela ne doit pas masquer le fait qu’il soit aussi un très fin technicien.

La séquence de jeu, tirée du match de la nuit dernière face aux Bucks, et que Sebastian Pruiti a décrite sur NBAPlaybook est de toute beauté.

Nous vous la présentons, agrémentée des schémas réalisés avec le logiciel FastDraw. Pour nous, c’est le plus beau système qu’il nous ait été donné de voir cette saison.

Nous sommes dans le money time, à 1 minute 27 secondes de la fin du 4ème quart-temps. Les Spurs viennent juste de passer devant et mènent de 3 petits points (83-80). Chaque point compte à ce moment du match.

Tony Parker (#9) est chargé de la remise en jeu. Les Spurs sont positionnés en « box » autour de la raquette, avec Tim Duncan (#21), Matt Bonner (#15), George Hill (#3) et Manu Ginobili (#20).

Pour recevoir la balle, Duncan ressort vers la ligne des trois points.

Spurs Bucks Image 1

Spurs Bucks Image 1

Parker passe alors derrière son coéquipier, qui lui passe la balle tout en posant un écran. Andrew Bogut (#6) est obligé de switcher, tandis que Earl Boykins (#11) est gêné par Duncan.

Spurs Bucks Image 2

Spurs Bucks Image 2

Immédiatement après avoir posé son écran, Tim Duncan coupe vers le panier. Boykins est toujours à la poursuite de Parker. Mais il est gêné par Bogut, qui voudrait retrouver son joueur. En parallèle, George Hill et Manu Ginobili viennent tout deux poser un écran en tête de raquette (zone colorée sur l’image ci-dessous), pour empêcher l’intérieur de revenir.

Spurs Bucks Image 3

Spurs Bucks Image 3

A peine Boykins a-t-il contourné son coéquipier qu’il est victime d’un écran de Bonner en tête de raquette. Bogut est toujours coincé par les 2 écrans. A ce moment là, 8 joueurs sont positionnés en tête de raquette (zone colorée sur l’image ci-dessous), et c’est la confusion la plus totale.

Dans l’intervalle, personne n’a pu s’occuper de Tim Duncan, qui est complètement seul sous le panneau. Tony Parker n’a donc plus qu’à lui délivrer la passe, pour deux points faciles.

Spurs Bucks Image 4

Spurs Bucks Image 4

La même chose en vidéo, sous deux angles différents :

Le système est parfaitement exécuté, et comme le fait remarquer Sebastian Pruiti, il n’est pas consécutif à un temps-mort. Cela prouve que ce type de séquence de jeu est « habituelle » pour l’équipe texane.

Pour atteindre ce niveau de maîtrise, un excellent coach, des joueurs au bon QI basket et un effectif stable sont indispensables. Autant d’ingrédients dont disposent les Spurs depuis plusieurs saisons.

Quelques dossiers de la même trempe :

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