HTML5 pourra-t-il tenir ses promesses ?

HTML5

HTML5

Si la nouvelle norme commence à faire son chemin dans les navigateurs et sites Web, les dangers sur sa normalisation et son adoption large restent tout de même bien réels.

Les attentes autour de HTML5 sont nombreuses. Reprise en main du Web par des standards libres (face aux solutions propriétaires), support uniforme de la vidéo sur toutes les plates-formes, montée de la sémantique… la liste est longue.

Malgré le soutien de nombreux acteurs de poids (Google, Apple, Mozilla…), le nouveau standard a des chances de ne pas tenir toutes ses promesses.

Tour d’horizon des points les plus critiques de son adoption, avec Tristan Nitot, président de Mozilla Europe, et Daniel Glazman, cochairman du CSS Working Group au W3C.

Le remplaçant de Flash

Pour Tristan Nitot et Daniel Glazman, HTML5 est destiné, à terme, à supplanter les plugins tiers (Flash, Silverlight…) en fournissant des possibilités et interactions avec le système au moins aussi riches, sinon plus.

Le discours est plus modéré du côté des développeurs, qui considèrent que les plugins propriétaires, par leur base installée, seront toujours utiles, notamment pour l’événementiel et la compatibilité avec les navigateurs incompatibles avec HTML5.

La domination de Flash sur le terrain de la vidéo pourrait aussi perdurer avec la guerre que se livrent les formats H.264, WebM et Theora pour monopoliser la vidéo en HTML5. Le président de Mozilla Europe et le cochairman du CSS Working Group partagent leur inquiétude.

H.264, dangereux pour la balise <video> ?

Tristan Nitot estime ainsi que c’est un frein.

« Mais j’ai bon espoir que WebM l’emporte, compte tenu du fait qu’il est gratuit, libre, sans royalties, embarqué par Chrome et Firefox et qu’il sera supporté par les trois OS que sont Windows, Mac et Linux. »

Un optimisme alimenté par l’annonce « que Youtube, plus grand distributeur mondial de vidéos, allait utiliser ce format ».

Daniel Glazman, lui, place le débat autour de la menace juridique du MPEG-LA (propriétaire de H.264) sur le format libre WebM de Google.

« Le département technologie et ingénierie se porterait bien mieux si on n’avait pas besoin d’engraisser le département juridique pour ce genre de péripétie contre-productive… »

Selon lui, « d’une part tout le monde constate la faillite des brevets logiciels, constatée même par le bureau d’enregistrement des brevets américain, l’USPTO. D’autre part les détenteurs des droits sur H.264 sont assez bêtes pour ne pas voir l’opportunité énorme que le tag <video> représente et tenter de trop tondre la bête ». Les brevets comme freins à l’innovation donc…

Les modèles propriétaires

Dans la bataille pour un « Web ouvert », Tristan Nitot s’inquiète de la concurrence du « modèle app store » qui émerge autant sur le mobile (Apple App Store, Android Market…) que sur le Web (avec Chrome Web Store, poussé par HTML5) et concentre les innovations.

Une autre limite existe : les réseaux sociaux.

« Certains réseaux sociaux sont en train de préempter le domaine des applications Web : il sera possible de concevoir des applications reposant sur les technologies Web, mais pour toucher les utilisateurs, il faudra passer par un réseau social » s’inquiète-t-il.

« Finalement, ça n’est pas tellement HTML 5 qui pourrait être en danger, c’est la propriété qui fait toute la puissance du Web : son ouverture, le fait de pouvoir faire un site Web sans avoir à demander la permission à qui que ce soit… » poursuit-il.

A technologie libre, diffusion propriétaire ?

Un processus trop long ?

Au final, le pire ennemi du HTML5 pourrait bien être le standard lui-même. Le travail sur la norme, débuté en 2004, est toujours loin d’être achevé. L’implémentation actuelle dans les logiciels et sites en reste donc au stade de la « version de travail », donc difficile à utiliser pour de la production.

« A part des querelles stériles entre WHATWG et W3C et la taille même de la spécification, c’est peut-être le ratio vitesse/complexité qui est le plus grand danger. Cela semble long, mais juste quelques années pour un pavé de cette complexité-là, c’est ultra-rapide » termine Daniel Glazman.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.