George Benson : le guitariste magicien

George Benson

George Benson et sa guitare fétiche

George Benson fait partie de ces artistes connus, dont on sait qu’ils ont un jour flirté avec les Top Charts, mais dont on oublie très souvent l’exceptionnelle carrière qui les propulse au rang d’artistes qui ont marqué, durablement, leur époque. Monsieur « Tout le monde » ne jurera (à juste titre d’ailleurs) que par son célebrissime Give me the night, tiré de l’album du même nom et qui a la particularité d’avoir été produit par un autre magicien Quincy Jones. On notera qu’en 2 ans de temps, Quincy aura tout de même produit Off the Wall pour Michael Jackson et donc Give me the night pour George Benson… Ça rigole moins au fond là !

Donc non, je ne suis pas tout le monde, et, comme à mon habitude, je vous déterre un album estampillé « Les vrais savent… » Ils savent surtout qu’avant d’être funky, « le George » c’est quand même un jazzman hors pair, aux inspirations soul, à la voix de velours, et, surtout, au son de lead guitar unique. Les soixante-huitards, à la culture musicale au-dessus de la moyenne que j’ai pu rencontré, m’ont garanti qu’ils avaient écouté au moins une fois In flight (l’album en question donc) dans leur jeunesse, et quelques uns même le citent parmi leurs albums préférés aux côtés de Musiquarium de Stevie Wonder, de Shaft (BO du film du même nom) d’Isaac Hayes ou encore de la panoplie des albums de James Brown de l’époque. En bref, un album référence pour tout bon amoureux de black music des années 70 (disco mis à part bien sûr…).

Pour re-situer un peu l’époque, on est en 1976, Motown dicte encore les Top50 mondiaux, par le biais d’artistes célèbres comme Stevie Wonder, Barry White, Marvin Gaye, Jackson 5 et autres Temptations, et à vrai dire à cette époque, n’importe quel noir américain un temps soit peu chanteur qui se lance est promis à un succès certain. C’est le cas de Benson qui nous fendra de cet OVNI Funky-Souly-Jazz In Flight sans trahir son goût pour l’instru, avant de nous achever un an plus tard par un live très différent mais réussi, intitulé sobrement Week-end in L.A.. Du George Benson dans toute sa splendeur d’ailleurs, amoureux des contre-pieds musicaux, dont la versatilité dans les styles n’est déjà plus à prouver.

Petite aparté pour cerner le personnage : George débute aux côtés de Miles Davis, un autre manchot du Jazz comme vous le savez, et est annoncé comme le digne successeur de Wes Montgomery dans l’élégance et de Nat King Cole dans sa faculté a sophistiquer sa façon de jouer tout en la rendant plus accessible au plus grand nombre. Mais son écléctisme lui vaut très souvent les critiques du public : tantôt géniaux, tantôt commerciaux et insipides, ses albums ne plairont jamais à tous, mais ne l’empêcheront pas de reporter 8 Grammy Awards… Et effectivement, même si je suis un fan inconditionnel, il a sorti quand même pas mal de daubes commerciales, notamment dans les années 80 (l’après Give me the night).

Malgré ses nombreuses erreurs de parcours, la capacité de George à exceller à la guitare ET au chant, lui permettront de ressusciter des monuments comme Nature Boy, se permettant des percussions exotiques et des solos de guitare endiablés (pas dans le style ACDC non…) dans une ambiance type… aquarium. Breezin‘ (premier album de jazz certifié disque de platine, dont le thème principal est emprunté en 1976 à Bobby Womack, et dont le single This Masquerade obtient le Grammy Award de la meilleure chanson de l’année), et In Flight (1977) démontrent d’ailleurs les capacités de l’instrumentiste à chanter simultanément les notes de ses soli (une pratique dans laquelle il s’obstine, contre l’avis de son entourage, et de ses amis musiciens). Cette pratique restera à jamais la touche « Benson ».

Pour en revenir à l’album : un jazz funk, racé et souple. Un style efficace pour l’époque et tellement indémodable… The World is a ghetto est péchu à souhait, les envolées vocales sont magiques, les solos de guitare abusés (comprendre fantastiques) et les arrangements cadenassent magnifiquement le tout. Everything must change est tout simplement dans mon top5 des balades romantiques. Écoutez-la une fois = vous chialez. Cherchez pas à vous débattre ça fera encore plus mal !

Seule reprise fidèle et potable de l’originale version George Benson. Ça envoie du pâté…

Comme d’habitude, je vous invite à vous rendre sur Deezer pour découvrir cet album parfait, et n’oubliez-pas de venir me donner votre avis !

Les 4 albums de George Benson à avoir :

Vous trouverez également beaucoup de vidéos de live sur le net, et notamment celles relatives à sa dernière tournée qui met un peu plus en avant ses qualités de crooner puisque c’est un hommage à Nat King Cole. Dans tous les cas ce mec a la classe, et tourne encore tout au long de l’année partout dans le monde du haut de ses 67 ans… respect…

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